L’origine du programme
Une histoire de vie.
Tout a commencé avec une personne que j’ai perdue. Un ami. Un frère. Le parrain de ma fille. Il a porté toute sa vie une douleur invisible : celle des enfants battus, humiliés, pris entre deux feux – celui d’un père violent, et d’une mère impuissante. Il y avait aussi ce sentiment de culpabilité de n’avoir pas pu protéger sa mère, et à la fois, un reproche envers elle qui n’avait pas choisi de partir pour le protéger.
Cette violence n’a pas seulement touché sa vie. Elle a affecté toute une famille. Un parent violent, ce n’est pas juste un traumatisme individuel. C’est une déchirure familiale, qui laisse des traces dans chaque cœur présent autour de lui.
Mon ami portait un héritage douloureux, sans savoir comment s’en sortir. Malgré 30 ans d’accompagnement psychiatrique, il continuait à se battre contre lui-même. Un jour, il est venu me voir, déterminé à comprendre ce qui le bloquait. Nous avons commencé à travailler ensemble. Il reprenait goût à la vie.
Puis une rupture amoureuse l’a brisé. Après un internement en centre psychiatrique de trois mois, trois jours après sa sortie, il s’est tiré une balle dans le cœur, laissant un mot disant qu’il n’en pouvait plus. La seule solution proposée par les psychiatres était des médicaments qui le transformaient en zombie. Et c’est la psychologue qui le suivait qui a pris la décision de le mettre à la porte, alors qu’il souhaitait continuer son accompagnement. Après sa mort, la psy dira qu’elle n’imaginait pas qu’il aurait été capable de faire ce qu’il a fait...