Leng XIONG

BLOG / PSYCHOLOGIE STRATÉGIQUE

La réalité derrière les étiquettes

Entre vrais traumas et fausses excuses ! À force de vouloir tout expliquer par des sigles, on dénature les faits et on finit par excuser l'inadaptation au détriment de la vérité.

Statistiques et dérives

L'illusion d'une épidémie mentale

Il suffit d'ouvrir n'importe quel réseau social ou d'écouter une conversation de comptoir pour s'apercevoir que la France semble peuplée uniquement de génies incompris, de gamins « différents » et de prédateurs sentimentaux. Cette inflation verbale est devenue une épidémie de langage. Pourtant, si l'on regarde froidement les chiffres cliniques, la réalité est bien plus sobre :

  • Le HPI (Haut Potentiel Intellectuel) : Il ne concerne que **2 %** de la population. Pas un de plus.
  • Le TDAH (Hyperactivité) : On estime sa présence chez environ **3 à 5 %** des individus.
  • Le trouble de la personnalité narcissique : Les véritables prédateurs représentent moins de **2 à 3 %** des gens.

Le décalage est flagrant. Si tu vois des HP et des PN à tous les coins de rue, c'est que tu as transformé des réalités cliniques en insultes ou en trophées sociaux. Cette confusion généralisée ne sert qu'à une chose : mettre des mots complexes sur des réalités simples comme l'égoïsme, le manque de savoir-vivre ou l'incapacité à se tenir tranquille. En galvaudant ces termes, on finit par masquer l'incompétence relationnelle derrière un paravent médical confortable.

HPI

Le génie ou le cas social ?

Le terme « surdoué » est aujourd'hui le doudou préféré des parents qui ne supportent pas que leur enfant soit simplement moyen, ou des adultes qui cherchent une raison noble à leur échec social. Mais posons les choses : l'intelligence, par définition, c'est la capacité d'adaptation. Si ton « HPI » te rend incapable de tenir une conversation normale, de garder un job plus de six mois ou de respecter une hiérarchie, alors ce n'est pas de l'intelligence. C'est de l'inadaptation pure et dure.

On nous vend l'image de l'élite intellectuelle torturée, mais sur le terrain, on croise surtout des individus qui utilisent leur étiquette pour justifier leur arrogance ou leur manque d'efforts. Être HP ne donne pas le droit d'être un cas social. L'étiquette devient ici une béquille pour l'ego : « Je ne suis pas inadapté, je suis trop intelligent pour ce monde ». C'est une inversion totale de la réalité. Le vrai haut potentiel trouve des solutions pour naviguer dans le système ; il ne passe pas son temps à expliquer pourquoi le système est trop petit pour lui.

Alerte Ego : Le diagnostic de HPI est trop souvent le refuge de ceux qui préfèrent se croire supérieurs plutôt que d'admettre qu'ils manquent cruellement de compétences sociales de base.

TDAH

L'hyperactivité : la démission éducative

Passons au TDAH. On a médicalisé l'enfance. Dès qu'un gamin bouge un peu trop ou ne supporte pas de rester assis huit heures par jour devant un tableau noir, on lui colle une étiquette de « trouble de l'attention ». Derrière ce sigle policé, on trouve souvent une réalité beaucoup moins neurologique : des enfants impolis, sans aucune limite, et des parents totalement dépassés qui ont confondu « éducation bienveillante » et « absence totale d'autorité ».

La politesse, la gestion de la frustration et la capacité à se concentrer ne sont pas des options génétiques, ce sont des apprentissages. En transformant un enfant mal élevé en patient psychiatrique, on lui rend le pire service possible : on lui apprend qu'il n'est pas responsable de ses actes car c'est « son cerveau » qui décide. C'est une démission collective. Le diagnostic devient alors une excuse pour ne pas poser de cadre, pour ne pas dire « non », et pour justifier un chaos familial qui relève du manque de savoir-vivre.

Défaut de cadre : Le TDAH est devenu le paratonnerre des parents qui ont abdiqué. La ritaline ne remplacera jamais une éducation ferme et structurante.

PN

Le traumatisme n'est pas une tendance

C'est sans doute ici que la connerie humaine atteint son paroxysme. Aujourd'hui, n'importe quel ex-conjoint désagréable, n'importe quel patron exigeant ou n'importe quel ami un peu égoïste est taxé de « PN ». Cette mode est une insulte sanglante à ceux qui ont croisé la route d'un véritable prédateur pathologique.

Un vrai pervers narcissique ne se contente pas d'être pénible ; il détruit. Il vide sa proie de sa substance, de son architecture intérieure, de son identité. Voici la vérité :

  • Le choc neurologique : Les victimes de vrais PN subissent un traumatisme qui laisse des traces chirurgicales dans le cerveau. On parle de dissociation, de terreur chronique, de destruction de l'estime de soi.
  • Le test de la réalité : Si tu sors d'une rupture en disant « quel connard ce PN » tout en continuant ta vie normalement, c'est que ce n'était pas un PN. C'était juste quelqu'un qui ne te convenait pas.

Ceux qui ont réellement subi une emprise narcissique mettent des années à se relever, et certains ne s'en relèvent jamais. Ils ne font pas des posts indignés pour s'en plaindre ; ils se murent dans le silence d'un traumatisme dont on n'imagine pas la profondeur. Si tu es entier après ta relation, arrête d'utiliser ce terme.

Verdict : La véritable emprise est une annihilation. Confondre un conflit de couple avec une prédation pathologique est une preuve d'immaturité émotionnelle.

Conclusion stratégique

Remettre l'église au centre du village

Toutes ces étiquettes ont un point commun : elles servent à fuir la responsabilité individuelle. En se disant HPI, on s'autorise à être médiocre et associable. En disant que son gamin est TDAH, on s'autorise à ne plus l'éduquer. En disant que son ex est PN, on s'autorise à ne pas regarder sa propre part de responsabilité dans le choix de ses partenaires.

Vivre avec une particularité neurologique ou avoir subi un traumatisme réel demande du courage et un travail de reconstruction massif, pas une étiquette à brandir comme une médaille. On ne soigne pas une vie avec des sigles, on la soigne en regardant la vérité en face, aussi brutale soit-elle. La psychologie stratégique n'est pas là pour te caresser dans le sens du poil, mais pour restaurer ton architecture intérieure là où elle est vraiment fissurée.

Accompagnements

Sortir des illusions

Programme « Revenir à Soi »

Objectif : Se reconstruire réellement après un traumatisme profond ou apprendre à se réadapter socialement sans la béquille des étiquettes.

Ce programme est une intervention sur ton système nerveux pour désactiver l'hyper-vigilance et restaurer ta souveraineté. Ici, on ne discute pas de tes étiquettes, on reconstruit ta structure pour que tu n'aies plus besoin d'excuses pour exister.